Bio

Normalien, agrégé des Lettres modernes, docteur d’Etat de la Sorbonne en Littérature Comparée, avec pour directeur Charles Dedeyan, Jean Bessière a, en France, enseigné aux universités de Rouen et de Paris X ; il est Professeur des Universités à l’Université d’Amiens (1974), puis à la Sorbonne (Université Paris III) en 1990. Il est aujourd’hui Professeur émérite. Et Professeur « honorado » de l’Universidad Nacional Tres de Febrero (UNTREF) de Buenos Aires. Il a constamment enseigné la Littérature comparée.

Il a donné, à l’étranger, nombre de séminaires et de conférences — en Amérique du Nord (McGill, Université de Montréal, Université Laval, Université de Toronto, Queen’s University, Stanford University, Indiana University, UCLA, NYU, USC, UT-Austin), en Amérique latine (UNAM-Mexico, La Paz, Brésil, Argentine), en Asie (Pékin, Canton, Tokyo, Séoul, Inde), en Océanie (Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie), en Afrique (Pretoria, Dakar, Casablanca, Rabat), en Europe. Il a codirigé divers programmes européens et participé à divers systèmes d’évaluation (Europe, Canada).

Ce parcours a été agrémenté de diverses charges : vice-président chargé de la recherche de l'Université d'Amiens, directeur scientifique au Ministère de la recherche et au Ministère des Universités (1984-1994), membre du Conseil National des Universités (CNU), représentant du Ministère des Universités dans diverses commissions, responsable des études doctorales et des centres de recherche en Littérature comparée à l'Université d'Amiens et à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris III.

Cela a été accompagné, depuis 1990, de fonctions dans l’Association Internationale de Littérature Comparée (AILC), dont il devient Président en 1997 — il en est aujourd’hui Président honoraire.

Il a dirigé des collections aux PUF, chez Minard. Il est présentement responsable de collections aux éditions Honoré Champion. Il est membre de plusieurs comités de revues universitaires — citons : Revue canadienne de littérature comparée, Poligrafia (Mexico), Recherche littéraire, Trans-Humanities (Séoul), El Hilo de la fabula (Argentine).

Jean Bessière a organisé sa recherche selon trois orientations :

Une orientation théorique : illustrée par bien de ses ouvrages, de Dire le littéraire à Questionner le roman, par une grande partie des ouvrages collectifs et des articles publiés, elle correspond à une redéfinition des principaux points de la théorie littéraire contemporaine, dans le but de recaractériser les approches symboliques et rhétoriques de la littérature. L’ensemble de la démarche n’est pas dissociable d’implications philosophiques — elles placent l’approche de la littérature sous le signe du questionnement, en une reprise des thèses philosophiques de Michel Meyer (Problématologie).

Une orientation de Littérature comparée et d’histoire littéraire comparée : développée dès le doctorat d’Etat — La Patrie à rebours : les écrivains américains de la Génération Perdue et la France —, présente dans les travaux de théorie littéraire, elle a essentiellement proposé de nouvelles approches de l’histoire littéraire du XXe siècle (littératures occidentales) en reconsidérant les définitions, le statut des avant-gardes, les typologies littéraires qu’elles impliquent, leurs approches de l’histoire, leurs conceptions de la continuité temporelle. L’alliance de l’orientation théorique et de cette orientation historique-comparatiste, ainsi que son arrière-plan problématologique sont manifestes dans le dernier ouvrage publié en 2012, Questionner le roman.

Une orientation d’analyse culturelle : elle est présente à travers des discussions de la discipline même, à travers des articles sur les rapports entre globalisation et littérature, à travers des discussions ou des redéfinitions de la notion de postcolonial et des travaux sur les littératures francophones et anglophones du tiers monde ou des Amériques. L’idée centrale est que ces littératures doivent être lues selon un jeu d’interdépendance avec les littératures centrales et entre elles, et non pas suivant les propositions les plus constantes des thèses postcoloniales. L’ouvrage sur Le Roman contemporain ou la problématicité du monde est l’illustration la plus récente de cette orientation et de la proposition d’une lecture culturellement bifocale du roman contemporain.