Ouvrages individuels

  • Inactualité et originalité de la littérature française contemporaine. 1970-2013

    Paris, Honoré Champion, 2014 (Unichamp-Essentiel)

    Cet essai caractérise la littérature française contemporaine (1970-2013) selon un paradoxe qui porte une interrogation : cette littérature apparaît inactuelle et actuelle. Ce paradoxe se lit à la fois dans le contexte français et dans le contexte international. Il n’est pas dissociable de la dualité qu’illustre la littérature française contemporaine : d’un côté, une large part de cette littérature se reconnaît dans la tradition du nouveau, dans une fidélité à la pensée de la littérature, à la pensée de l’histoire, issues des avant-gardes d’entre les deux guerres mondiales, d’après la Seconde Guerre mondiale; de l’autre côté, toute une part de cette même littérature – illustrée par le roman policier, le roman de science-fiction, la littérature de la Shoah, la littérature de la colonisation, la littérature du genre et une certaine littérature qui peut être dite néo-avant-gardiste – est infidèle à cette pensée de l’histoire, de la littérature. La part de la littérature attachée à la tradition du nouveau s’accorde à une société liquide, qui ne dispose plus d’un sens de l’orientation temporelle, historique. La part de la littérature affranchie de cette tradition restitue une symbolique du départ dans l’histoire, du possible et de la communauté.

    La part de la littérature française attachée à la tradition du nouveau est inactuelle parce qu’elle maintient une symbolique littéraire qui ne s’accorde pas avec une approche critique du présent de la société liquide. L’autre part de cette littérature est actuelle parce qu’elle tente de répondre du présent, sans se tenir à des identités de la littérature et à une pensée de l’histoire, devenues sans pertinence.
  • Questionner le roman. Quelques voies au-delà des théories du roman

    Paris, Presses Universitaires de France, 2012

    Le roman a suscité d’importantes théories, celles de Lukács, de Bakhtine, d’Auerbach. Les romanciers ont apporté leurs contributions et les réflexions sur le récit et la fiction ont modifié ces théories. Ce vaste ensemble présente des thèmes à peu près constants : le roman, le monde, l’auteur, le narrateur, les voix du récit, la représentation, la fiction, le temps… Typologie qu’il convient de discuter. Ainsi doit-on identifier une représentation temporelle propre au roman (celle de la transition) qui associe des identités (celles des personnages, des lieux, etc.) fixées à leur indifférenciation. Tout genre romanesque se caractérise alors selon l’alliance contradictoire et constante d’un jeu de prédication – les identités – et de la notation du changement – la transition. Cette alliance invite à mettre en évidence les perspectives anthropologiques dont sont indissociables les personnages du roman. Elle permet de reconstruire, selon le questionnement qu’elle porte, l’histoire du roman, et d’expliquer que celui-ci soit devenu aujourd’hui un genre littéraire global.
  • Le Roman contemporain ou la problématicité du monde

    Paris, Presses Universitaires de France, 2010

    Le roman est devenu le genre central de la création littéraire, mais aussi ce que le public lit le plus, aujourd’hui. De profonds changements ont affecté le roman, particulièrement depuis une trentaine d’années. Analyser le roman contemporain, c’est se plonger au cœur des traditions romanesques occidentales et des traditions extérieures à l’Occident, là où se croisent le paradigmatique et le singulier. Cela suscite des thèmes nouveaux qu’on se doit de faire dialoguer : modification de la représentation du sujet humain, dessin d’une anthropologie qui dépasse l’individu. Ces traits originaux opposent le roman contemporain à ce que l’on appelle la tradition du roman, qui fait lire, de manière continue, le grand roman réaliste, le roman moderniste, le nouveau roman et le roman postmoderne. Une évolution et même une révolution du roman sont en cours, lisibles en Europe, en Amérique du Nord, et surtout en Amérique latine, en Asie, en Afrique, en Nouvelle-Zélande. Cet ouvrage majeur dresse un panorama raisonné du roman contemporain, dans ses réalisations et dans ses contextes, devenus internationaux.
  • Qu’est-il arrivé aux écrivains français ? d’Alain Robbe-Grillet à Jonathan Littell

    Bruxelles, Labor, 2006

    Qu’en est-il de l’œuvre littéraire ? Quelle est sa spécificité, sa nature ? Peut-on affirmer la littérature comme autonome ? Et si c'est le cas, ne doit-on pas, en raison de ce détachement même, parler de la fin de la littérature ? L'ouvrage de Jean Bessière a le mérite de poser clairement ces questions qu'on n'osait plus soulever depuis le structuralisme. A bien des égards, ce livre en constitue l'un des dépassements les mieux réussis, à l'heure où les spécialistes préfèrent se replier sur les auteurs et les œuvres particulières. L'audace de ces pages est dans leur originalité : faire de la théorie. Jean Bessière traite ainsi du dilemme de l'autorité et du message de la littérature face à sa réduction au style et à la forme, neutres par rapport aux contenus. En alliant philosophie et rhétorique, théorie littéraire et histoire des œuvres, cet ouvrage déploie un esprit de synthèse au service du renouvellement des problématiques de la littérature comparée.
  • Principes de la théorie littéraire

    Paris, Presses Universitaires de France, 2005

    On a beaucoup glosé sur les impasses de la critique et de la théorie littéraires contemporaines. Partant du constat que la crise des études littéraires est indissociable d'un certain aveuglement à l'œuvre même, l'auteur entreprend ici, dans une perspective à la fois philosophique, historique et rhétorique, de lire de manière organisée les grands genres, les grandes poétiques, les grands mouvements des littératures européennes. Un tel travail de caractérisation lui permet d'examiner les paradoxes formels et sémantiques de toute œuvre, de reformuler les statuts de l'auteur et du lecteur, et de dessiner enfin une approche cohérente des fonctions de la littérature.
  • Quel statut pour la littérature ?

    Paris, Presses Universitaires de France, 2001

    Qu’en est-il de l’œuvre littéraire ? Quelle est sa spécificité, sa nature ? Peut-on affirmer la littérature comme autonome ? Et si c'est le cas, ne doit-on pas, en raison de ce détachement même, parler de la fin de la littérature ? L'ouvrage de Jean Bessière a le mérite de poser clairement ces questions qu'on n'osait plus soulever depuis le structuralisme. A bien des égards, ce livre en constitue l'un des dépassements les mieux réussis, à l'heure où les spécialistes préfèrent se replier sur les auteurs et les œuvres particulières. L'audace de ces pages est dans leur originalité : faire de la théorie. Jean Bessière traite ainsi du dilemme de l'autorité et du message de la littérature face à sa réduction au style et à la forme, neutres par rapport aux contenus. En alliant philosophie et rhétorique, théorie littéraire et histoire des œuvres, cet ouvrage déploie un esprit de synthèse au service du renouvellement des problématiques de la littérature comparée.
  • La Littérature et sa rhétorique

    Paris, Presses Universitaires de France, 1999

    Définir la littérature et assigner une continuité à son histoire ont animé la critique littéraire contemporaine depuis un siècle et demi, dans ses perspectives philosophiques, linguistiques, formalistes, esthétiques. Jean Bessière relève les impasses de ces perspectives, place cette littérature, sa caractérisation, son histoire, sous le signe d’une relecture rhétorique. De Mallarmé à Valéry, de Flaubert et Joyce à Antonio Tabucchi, de la révolution poétique de la fin de siècle à notre modernité littéraire, il rapporte le littéraire à ses explicites lieux communs, à son jeu manifeste avec l’ordinaire que peuvent partager l’œuvre et ceux qui la lisent. Contre les incertitudes et la saturation de la critique contemporaine, Jean Bessière restitue à la littérature moderne un développement cohérent et une fonction d’émancipation, sans doute paradoxale aujourd'hui. Ce livre limpide et novateur, dont le message passe par de vives analyses, invite àabandonner l’idée d’une singularité du poétique et à dépasser les divisions théoriques, souvent mal fondées, qui ont dominé la réflexion sur la littérature durant ce siècle.
  • Enigmaticité de la littérature. Pour une anatomie de la fiction contemporaine

    Paris, Presses Universitaires, 1993

    La littérature du XXe siècle n’a cessé de répondre sur elle-même, comme si elle avait subitement compris qu’il lui fallait exprimer la problématicité du monde, des valeurs, des comportements. Jean Bessière nous propose ici un voyage à travers les différents aspects de cette énigmaticité du champ littéraire : un voyage passionnant, argumenté, systématique, qui n’est rien d’autre qu’une anatomie de la fiction contemporaine. Esthétique et philosophie, écriture et lecture, questions et réponses : autant de couples à travers lesquels Jean Bessière nous convie à réfléchir notre modernité.
  • Dire le littéraire

    Bruxelles, Mardaga, 1990

    Les théories littéraires contemporaines reprennent, de façon explicite ou implicite, la question emblématique de Sartre : Qu’est-ce que la littérature ?Elles donnent des réponses sur le modèle communicationnel partagées entre le constat d’un pouvoir et celui d’un impouvoir littéraire. Il convient de poursuivre au delà de cette dualité et de la référence à ce modèle pour dire la singularité du littéraire. On reprend ainsi quelques concepts-clefs— écrire, texte —et quelques objets d’analyse— métaphore, écrit — privilégiés par les théories contemporaines et on remplace les principales propositions du formalisme, du déconstructionnisme et de l’herméneutique littéraire dans l’examen des raisons du littéraire.
  • Création romanesque et sociodynamique culturelle, les prix littéraires

    Paris, Minard-Lettres Modernes, 1982
  • Déracinement et littérature

    en collaboration avec André Karatson, Lille, Presses de l'Université de Lille III, 1982

    Voici un ouvrage inaugural par son sujet: la littérature de déracinement et par son principe d'enquête: déceler les non-dits de l'exil littéraire, dans les oeuvres, dans les dissimulations d'une critique et d'une historiographie qui s'attachent à noter Barrès et Simone Weil, puis Beckett et Ionesco sans autre logique et dans l'étonnement du constat obligé: l'écriture n'a pas toujours un lieu contraint. Face à de telles insuffisances, il y a mieux à faire que de s'en remettre à la vulgate de nos avant-gardes: dérives, déconstructions et non-lieux, autant de manières de jouer d'une fiction du déracinement dans un champ culturel borné, reconnu, parcouru. Contre la dissimulation et contre la fiction est ici proposé une typologie de la littérature du déracinement alors distincte de l'internationale des belles lettres et de la littérature de l'émigration. Typologie exactement problématique: le déracinement littéraire est un acte de déliaison qui n'exclut pas la nostalgie de rapports multiples au monde at aux nationalités, dans une ambiguité qui est la condition même de l'entreprise créatrice. Typologie encore proprement fondatrice: elle permet de lire la genèse des vertiges esthétiques contemporains; elle marque, dans ce constat des antécédents, quelques domaines culturels, l'Europe, l'Amérique, la France; elle indique que la création littéraire maoderne est à raison des grands exils qui pèsent sur elle, Rilke, Musil, Pound, Joyce, Borges, Nabokov, Gombrowicz, Beckett et la figure des figures, Kafka. Il faut en venir, enfin, à ce qui est une véritable manie langagière de l'exil: le concept même d'écriture et son anarchisme. Point d'où naissent bien des confusions mais qui atteste la propriété ultime de la référence à l'exil: l'écrivain toujours en voyage entre une patrie perdue et une patrie promise, sur le double chemin de la grammaire et du mythe personnel. Patente encore l'inquiétante étrangeté de cet ouvrage qui appelle simultanément Barrès et Roland Barthes, Orson Welles et Kafka, pour dire une manière de vocation existentielle du déracinement et l'apparenter aux innovations formelles, pourtant présentées par leur promoteurs récents comme capables de défaire toute indication substantielle et existentielle. Sur fond de typologie et d'archéologie, le dessein du déracinement marque les duplicités des entreprises créatrices contemporaines et la persistance d'un fond métaphysique chez les plus anti-dualistes. S'impose le retour aux figures majeures, issues de l'Europe Centrale et du monde anglophone, seules capables d'assurer une véritable prise sur le jeu du déracinement et de la mimesis, inséparables des équivoques de l'autre et du même. Est ainsi offert une propédeutique à l'analyse de la littérature moderne, grâce à l'examen de son seul présupposé constant: le déracinement.
  • La Patrie à rebours. Les écrivains américains de la Génération Perdue et la France (1917-1935). Exil et création littéraire

    Lille, Presses de l'Université de Lille III, 1978, 2 vol.
  • Fitzgerald, la vocation de l'échec

    Paris, Larousse,1971